Par Augustin Werner
25/03/2026
Je connais un enfant qui croit en la curiosité comme il croit en une clé magique qui ouvrirait toutes les portes et le délivrerait de l'inconnu. Il habitait la mer, et à l'horizon se dressait toujours un mur. Seul ouvrir la porte du mur permettait de le franchir. Ainsi, à chaque porte qui l'empêchait de suivre son chemin, il usait de cette clé et l'horizon redevenait lointain, les possibles infinis. Il commença à penser que rien ne pourra l'arrêter plus jamais tant qu'il utilisera sa curiosité.
Mais pourtant, un obstacle inévitable l'attendait : sa motivation.
Un jour, alors qu'il s'approchait de l'horizon et s'apprêtait à ouvrir comme à son habitude, il tomba lentement dans une abysse, l'éloignant de toutes les portes à ouvrir, l'empêchant de voir l'horizon étendu qu'il aimait tant redécouvrir. Sans portes, sa clé n'était plus d'utilité. Sans doute fallait-il qu'il comprenne l'abysse, mais le peu qu'il voyait lui était inconnu. Ce fût la première fois que sa curiosité heurtait un mur sans serrure. Il n'avait pas les capacités d'aller au devant, il restait figé.
L'enfant auparavant pensait que le chemin qu'il traçait était quelque chose qu'il contrôlait, que son chemin était le fruit de sa volonté. Mais il fût forcé de constater que sa volonté était dépassée par l'abysse. Il a pris l'habitude d'ouvrir les portes, sans comprendre que répéter ces actions l'attirait lentement vers l'abysse de l'habitude : celle qui nous prive du libre arbitre, celle qui décide à notre place ce que l'on veut, celle qui régit nos actions et notre motivation.
Il avait l'habitude de vouloir les mêmes choses, de faire les mêmes gestes, de dire les mêmes mots. Il avait l'habitude de répondre aux problèmes de la même manière, d'ouvrir les portes fermées quand il se trouvait devant. Il avait l'habitude de marcher, voire courir pour voir l'horizon plus encore. Il avait l'habitude de faire tout cela, donc il a fini par croire qu'il était tout cela.
L'abysse l'avalait tellement fort, qu'il n'arrivait même plus à vouloir la quitter, il s'y attachait, s'y laissant tomber.
Car l'enfant ne s'est jamais demandé s'il était libre de décider, libre de vouloir, s'il maîtrisait non-pas l'horizon, non-pas les portes, mais lui même.
Alors l'abysse l'a emporté, et m'a emporté avec. Et pour ceux qui comme cet enfant et comme moi, n'a pas de pouvoir contre l'abysse. Nous allons chercher à la comprendre, nous veillerons à avoir l'aptitude de modifier à notre guise nos habitudes. Nous sommes le fruit de nos actions, nous sommes responsable de la création de notre abysse qui nous tire loin de nos objectifs.
Bien que nous avons des clés qui résolvent les problèmes extérieurs, il nous faut construire un véhicule capable de nous sortir des méandres qui nous draguent vers les abysses intérieures. Il serait en effet préférable d'être en capacité de changer, d'agir.
Pour cela, il faut comprendre les habitudes, savoir comment les construire et les déconstruire. Il faut explorer l'abysse, découvrir sa nature, découvrir ce que l'on peut faire pour s'en sortir ou pour y rentrer.
Car l'abysse n'est pas simplement négative. Si vous maîtrisez les abysses, elles sont des portails qui vous emmènent où vous le voulez, sans n'avoir plus rien à faire. L'abysse et l'habitude sont des portes que nous créons, nous décidons ce qu'il s'y trouve derrière. N'est-ce pas une autre façon, une autre clé pour observer l'horizon ?
Sur ce blog nous explorerons ainsi l'habitude pour mieux l'appréhender et servir nos objectifs, qu'ils soient d'avoir une vie plus sobre ou non. Maîtriser ses habitudes, c'est se donner des outils pour passer de l'intention à l'action.